La Caserne – Scène Jeune Public
| ARCHITECTES | Saia Barbarese Topouzanov architectes, Delort et Brochu architectes |
|---|---|
| EMPLACEMENT | Québec, Canada |
| DATE | 2025 |
| CLIENT | La Caserne (Théâtre jeunesse Les Gros Becs) |
Équipe: Dino Barbarese, Vladimir Topouzanov, Sophie Trépanier-Laplante, Caroline Vinatier, Cédric Delort, Jean Brochu, Geneviève Deguire, Anna Zakharova, Christopher Dubé
La mise en valeur des œuvres présentes sur le site sous-tend la proposition. D’emblée, la tour de la caserne de 1912 de l’architecte G.E. Tanguay s’impose comme le repère visuel du théâtre. À son pied, les portes de bois, dédiées à l’époque aux voitures des pompiers, donnent aujourd’hui accès au théâtre. Une brèche, de Dalhousie à Bell, traverse les bâtiments conservés. C’est le foyer, qui relie les deux entrées, tant celle du grand public (Dalhousie) que celle du public scolaire, que les autobus déposent sur Bell. Pour marquer l’entrée et le nouvel usage du lieu, l’une des portes de bois est doublée d’une porte de verre bleu. Son seuil franchi, le sol reprend le bleu, comme si le fleuve affichait toujours sa possession du lieu. Au cœur du foyer, un escalier ouvert amorce le parcours vers la salle de théâtre, la salle de lecture et la salle multifonctionnelle. En le montant, on aperçoit la tour à travers le vitrage du lanterneau qui le chapeaute.
Logée au second étage de la caserne d’époque, la salle de lecture profite de ses hautes fenêtres. Au troisième, les lucarnes qui perçaient la mansarde du côté ouest éclairent en second jour le foyer de la salle multifonctionnelle. Une petite terrasse triangulaire dessert les aires administratives du théâtre et dégage des vues vers le fleuve.
Les ambiances créées par les formes et les couleurs des espaces intérieurs forment un parcours ludique pour le jeune public en même temps qu’elles dérivent de liens avec l’ancienne caserne. Ainsi, au gris de la pierre du rez-de-chaussée correspond le lambris d’acier inoxydable miroir, qui réfléchit le lambris de bois de la salle de théâtre, autant que ceux qui empruntent l’escalier. À la brique orangée du second étage correspond la couleur de cuivre métallisée. Au bois de la mansarde répondent la couleur dorée métallisée et le lambris de bois du foyer de la salle multifonctionnelle.
Par déférence, la cage de scène est construite en retrait de la façade de la caserne, rue Dalhousie. Elle en dégage la vue depuis le sud et la rejoint par un escalier posé en oblique. Cet escalier prend la place du volume trompe-l’œil en fibre de verre ajouté en 1996 par Plante et Julien, pastiche de la façade de la caserne. Le verre, qui se décline dans quatre tons de gris et qui revêt l’agrandissement, devient diaphane puis transparent avec l’inflexion que crée le plan oblique. À une échelle amplifiée, ludique, les pans de verre empruntent au langage des façades de pierre grise du Vieux-Québec et du musée. Leurs lignes horizontales poursuivent celles de la caserne. L’emploi de tons de gris relève d’une volonté de valoriser plutôt que concurrencer l’expressivité de la façade de Tanguay. Côté Bell, la façade de granite est percée de verre.
Le parvis créé par le retrait du nouveau volume accueillera une œuvre d’art. La scène déborde vers la rue, l’accueil s’élargit.














