Habitations Saint-Michel

ARCHITECTESSaia Barbarese Topouzanov architectes / Joël Hébert architecte
EMPLACEMENTMontréal, Canada
DATE2019
CLIENTOffice municipal d’habitation de Montréal

Équipe: Dino Barbarese, Vladimir Topouzanov, Joël Hébert, Marc Pape, Yvon Théorêt, Louis-Guillaume Paquet, Karl Robert, Geneviève Deguire, Maxime Hurtubise, Flavia Socol, Christopher Dubé, Hugo Duguay.

Les Habitations Saint-Michel Nord est un ensemble résidentiel qui loge des familles à faible revenu. Propriété de l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM), l’ensemble occupe tout un îlot situé à la frontière de l’Arrondissement Saint-Léonard à l’est et bordé par le boulevard Robert au nord, la rue Jean-Rivard au sud et la 25ième avenue à l’ouest. Construit au début des années 1970, le projet avait été autorisé avec l’adoption du règlement 4155 par la Ville de Montréal, règlement qui permettait sa construction malgré les dispositions contraires des règlements de zonage en vigueur sur l’emplacement du projet à l’époque.

Au plan conceptuel, la rue proposée rejoint cet objectif initial. Si elle vient percer le site en son centre et créer une véritable voie publique, rattachée au tissu urbain environnant, elle vient aussi se greffer au réseau d’allées intérieures d’origine. Elle relie des placettes, vestiges transformés des bâtiments démolis, lieux mémoires mais lieux nouveaux qui prennent la place des placettes dessinées à l’origine. Ces nouvelles placettes s’impriment en bordure et au travers de la rue, comme des reflets des nouvelles façades.

Des végétaux comestibles et des petits potagers sont implantés le long de deux allées qui traversent le site. Ces aménagements tirent profit des conditions d’ensoleillement sur la 25ième avenue. Ils offrent les lieux plus calmes où s’asseoir et pique-niquer côté nord. La garderie voisine de l’une des promenades se greffe à l’aménagement et intègre quelques bacs potagers à sa cour. Les terrasses surélevées au-dessus de deux des rampes d’accès au stationnement sont incluses dans l’aménagement. Les promenades constituent des aménagements fleuris, colorés et parfumés. L’allée qui piétonne qui mène au cœur du site depuis la 25ième avenue est, quant à elle, aménagée pour recevoir un marché public ponctuel.

Trois échelles d’interpénétration des couleurs de la brique ont été expérimentées: le bloc, le logement, la pièce. Celle ici proposée est la dernière. Elle révèle le plan arrière (la pièce) en même temps qu’elle révèle les effets du jeu des couleurs. Sept (7) nuances sont créées à partir de quatre (4) couleurs de base des briques de parement.

La transposition concrète des études est néanmoins ancrée au site. Les nuances s’échelonnent selon les sous-ensembles de bâtiments (voisinages) tout au long du parcours dans la rue. La couleur signale chaque cellule à l’intérieur d’un dégradé qui unifie l’ensemble. Dès lors, passants et résidants voient leurs sens sollicités, le parcours s’anime: il ne révèle pas la même image de façade indéfiniment, mais appelle à l’interprétation.